CLEO LEQUENNE

Chatte d'appartement

Mon journal
Ma Solidarité !

19 mars 2006

      

 

                Cette affaire qui fait manifester les humains !


Ce que c’est que la gloire littéraire ! Le succès de mon modeste journal - bien que je ne doute pas qu’il soit d’un beaucoup plus grand intérêt que celui de M. Gide, mon prédécesseur que ma mère h m’a fait connaître – me conduit comme lui à traiter de questions dont je n’avais naguère nul souci. On ne cesse plus de m’écrire pour me demander mon avis (éclairé, me dit-on) sur tous les sujets. Et cette semaine, par exemple sur cette agitation contagieuse de la jeunesse, qui va jusqu’à faire crier autour de moi des propos fort peu aimables contre des messieurs que ne connaissais mie, et qui répondent aux noms de Vilpain et de Narcosie.

De quoi s’agit-il ? d’une affaire qu’ils appellent «C’est pet heu !»

Ce nom me semblait bien signifier, en argot classique (vulgaire) que c’était un truc auquel il fallait faire attention. Mais pourquoi ? J’ai d’abord demandé à mes sœurs, et Judith, qui est toujours penchée à la fenêtre pour écouter ce que racontent les ados du quartier, et qui n’ignore rien de la façon de jacter de la jeunesse, m’a dit que je me fourrais la patte dans l’œil, et qu’il s’agissait d’un sigle ! Qu’est-ce encore que cela ? Etait-ce une façon, de dire « un sygne » et de nous ramener à la grippe baviaire ? Mais non, il paraît qu’on parle maintenant comme ça, avec des lettres toutes seules et que leur truc s’écrivait CPE ! Un peu comme l’autre qui disait de la Joconde : LHO…(le reste est inconvenant).

Voyons donc cette affaire de CPE ! Comment décrypter ce sigle, puisque sigle il y a. Et bien, toute faraude qu’elle est, la Judith n’en savait rien. Mais la Lola, avec son air d’en avoir deux, et qui lit les journaux sur lesquels elle fait semblant de dormir. Elle a dit d’un ton méprisant : « Ces humains sont incompréhensibles. Au lieu de dormir dix-huit heures par jour comme nous, ils veulent travailler tout le temps, et ils se plaignent que le CPE va les en empêcher, parce que ça veut dire : C=chômage (donc pas de travail), P=précarité (donc très peu de travail) et E=expulsion du travail ( par des patrons qui vous ont assez vus). C’est idiot ! Au lieu d’en profiter pour aller se réchauffer le poil au soleil ! »

Alors, là, je lui ai coupé la parole, à cette aristochatte : « Et si nos humains ne travaillent pas tous les jours – que je lui ai dit – qui c’est qui nous rapportera des croquettes ? Hein ? Les humains sont faits pour travailler pour que nous puissions nous rouler en boule notre comptant. Et moi, Cléo, je suis contre ce CPE qui menace notre intérêt vital. Et j’appelle toute la chatterie du pays à soutenir nos humains et à crier avec eux :


Au pain sec le Vilpain !
A la désintoxication le Narcosie !

Ah mais !.

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